“Je suis arrivé en tant qu’étudiant et ressorti en vrai audioprothésiste fonctionnel immédiatement.” Cette phrase, issue du témoignage d’un diplômé, dit quelque chose d’essentiel sur ce que cherchent les candidats à la formation d’audioprothésiste : pas seulement un diplôme, mais une compétence opérationnelle dès la sortie. Depuis 2019, plusieurs centaines d’étudiants français ont fait le choix d’une formation en Espagne plutôt que de se battre pour une place dans le système français. Voici les cinq raisons qui reviennent le plus souvent dans leurs parcours.
1. Un format qui s’adapte à une vie professionnelle en cours
La formation française dure trois ans, en présentiel intégral, avec un recrutement via Parcoursup orienté bacheliers. Pour un adulte en activité, cette organisation est incompatible avec le maintien d’un emploi et des revenus. C’est le premier blocage structurel que la voie espagnole contourne.
Les formations sérieuses en Espagne fonctionnent sur un modèle hybride : cours théoriques en ligne, accessibles 24h/24 sur plateforme dédiée, et sessions pratiques concentrées sur six weekends par an dans l’école partenaire. Ce format permet de se former sur deux ans sans arrêter de travailler. L’âge moyen des étudiants qui choisissent cette voie en témoigne : 35 ans, en majorité des professionnels en reconversion.
2. Des cours dispensés en français, avec des professeurs français
Choisir une formation en Espagne ne signifie pas se former en espagnol. C’est pourtant la réalité de plusieurs organismes qui proposent leurs cours dans la langue locale, avec ce que cela implique de charge cognitive pour un francophone qui suit déjà une formation exigeante en parallèle d’un emploi.
Certains organismes ont fait un choix différent. FAE, par exemple, revendique le positionnement suivant dans son offre : cours théoriques, supports pédagogiques et évaluations 100 % en français. L’équipe pédagogique compte plus de 30 professeurs français : audioprothésistes, médecins ORL, orthophonistes, acousticiens. La direction médicale est assurée par le Professeur Jérôme Nevoux, professeur en ORL formé à l’AP-HP, spécialisé en otologie pédiatrique et adulte.
Pour un étudiant qui vise un exercice en France, être formé par des professionnels qui connaissent le système de santé français, les procédures ARS, les habitudes de prescription des ORL français, représente un avantage concret par rapport à une formation dispensée dans un contexte exclusivement espagnol.
3. Un cadre institutionnel solide, pas un organisme de formation isolé
La question de la crédibilité de l’école partenaire est centrale. Un diplôme espagnol n’a de valeur que s’il est délivré par un établissement officiellement reconnu. L’école Vedruna Berga, en Catalogne, appartient à la Fondation Vedruna, réseau d’établissements d’enseignement qui encadre plus de 21 000 élèves à travers environ 36 écoles en Espagne. L’institution revendique une histoire de plus de 190 ans. L’école de Berga dispose d’infrastructures pédagogiques adaptées à l’audiologie : laboratoire dédié, salle d’audiométrie, cabines insonorisées, postes de travail équipés pour les travaux pratiques.
Ce n’est pas un centre de formation créé pour répondre à une demande opportuniste. C’est un établissement scolaire structuré, qui délivre un diplôme officiel espagnol reconnu dans toute l’Union européenne au titre de la directive 2005/36/CE.
4. Une formation connectée aux acteurs réels du marché
L’audioprothésiste ne travaille pas dans l’abstrait. Il utilise des appareils fabriqués par des industriels précis, dans des centres qui appartiennent à des réseaux précis. Une formation qui n’entretient aucun lien avec ces acteurs expose ses étudiants à une rupture entre la théorie et la réalité du terrain.
Certains organismes ont structuré des partenariats avec les fabricants majeurs du secteur pour les sessions de formation produit, les visites techniques et les rencontres lors des weekends pratiques : Phonak, Starkey, Signia, Oticon, Sonova, Rexton, Unitron font partie de ces partenaires. D’autres partenariats portent sur le placement professionnel, avec des enseignes de centres auditifs qui recrutent directement les diplômés.
Cette articulation entre formation et emploi est un critère de choix souvent sous-estimé par les candidats en début de parcours, et très apprécié en fin de formation. La différence entre un organisme qui forme et un organisme qui prépare à l’exercice réel se mesure précisément là.
5. Un accompagnement bout-en-bout, y compris sur les démarches administratives
La voie espagnole comporte des étapes administratives que beaucoup de candidats sous-estiment. La CREDENCIAL, c’est-à-dire l’homologation du baccalauréat français par les autorités espagnoles, doit être obtenue avant l’entrée en formation. Après l’obtention du diplôme, une procédure d’autorisation d’exercice auprès de la DREETS de la région de résidence est obligatoire pour exercer en France. Cette procédure implique généralement des stages compensatoires.
Ces démarches sont gérables, mais elles demandent du temps et de la rigueur. Un organisme qui accompagne réellement ses étudiants sur ces deux étapes (entrée et sortie) change significativement l’expérience du parcours. Si vous souhaitez en savoir sur ce type d’accompagnement, vous pouvez consulter le site de FAE et leur programme d’accompagnement de la formation d’audioprothésiste en Espagne. FAE accompagne les étudiants de l’admission jusqu’à l’autorisation d’exercice en France.
Ce que les chiffres disent de cette tendance
La progression est documentée. D’après les données sectorielles disponibles, les projections situent entre 25 et 30 % la part des audioprothésistes en exercice en France qui auront été formés à l’étranger dans les cinq prochaines années. Cette tendance s’appuie sur des faits concrets : depuis 2019, FAE a formé environ 480 étudiants, avec un taux de réussite moyen de 97% au diplôme d’audioprothésiste espagnol.
Le coût de la formation est également un facteur de décision. En 2025, la formation FAE est facturée à 7 000 EUR par an, soit 14 000 EUR sur les deux ans du cursus standard. A titre de comparaison, une formation française à temps plein implique souvent une interruption de revenus sur trois ans. Et donc un coût indirect que les candidats en reconversion mesurent très concrètement.
FAQ : formation d’audioprothésiste en Espagne
Pourquoi des étudiants français choisissent-ils l’Espagne pour leur formation d’audioprothésiste ?
Principalement pour trois raisons : le format hybride (en ligne + weekends pratiques) compatible avec une activité professionnelle en cours, l’accessibilité sans concours ni profil scientifique strict, et l’existence d’organismes francophones qui dispensent les cours en français avec des professeurs du système de santé français.
Le diplôme obtenu en Espagne permet-il vraiment d’exercer en France ?
Le diplôme espagnol d’audioprothésiste est un diplôme officiel reconnu dans toute l’Union européenne. Pour exercer en France, le diplômé doit obtenir une autorisation d’exercice auprès de la DREETS. Cette procédure implique généralement des stages compensatoires d’environ un an au total. Elle est encadrée et accessible.
Faut-il parler espagnol pour suivre une formation d’audioprothésiste en Espagne ?
Non, si l’organisme retenu propose ses cours en français. Certains organismes dispensent l’intégralité de leur programme en français : cours en ligne, évaluations, sessions pratiques encadrées par des professeurs francophones. La langue espagnole peut faciliter le quotidien lors des séjours à l’école en Espagne, mais elle n’est pas un prérequis académique dans ces formations.
Cinq raisons qui dessinent une tendance de fond
Les étudiants qui choisissent la formation d’audioprothésiste en Espagne ne fuient pas un système : ils choisissent activement un format plus adapté à leur situation. Format hybride, langue française, encadrement institutionnel solide, connexion aux acteurs du marché, accompagnement administratif réel : ces cinq critères ne sont pas des arguments marketing. Ce sont des éléments vérifiables que chaque candidat peut contrôler avant de s’engager. La voie espagnole est exigeante. Mais pour ceux qui préparent sérieusement leur projet, elle donne accès au même métier, par un chemin que le système français ne propose pas.
