Lion’s mane : ce que disent les études sur le champignon de la concentration

Nutrition

Il ressemble à une touffe de filaments blancs suspendue au tronc d’un chêne, et les Japonais l’appellent yamabushitake, du nom des moines ascètes des montagnes. Le lion’s mane, ou crinière de lion, est devenu en quelques années l’un des champignons les plus recherchés du rayon compléments. Derrière l’engouement, il existe un corpus d’études réel, encore modeste mais cohérent, qui mérite d’être lu pour ce qu’il dit.

Un champignon comestible avant d’être un complément

De son nom scientifique Hericium erinaceus, le lion’s mane pousse sur les feuillus des forêts tempérées d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. C’est d’abord un champignon de table, apprécié en Chine et au Japon pour une texture qui rappelle celle des fruits de mer, et il figure depuis des siècles dans les pharmacopées traditionnelles d’Asie de l’Est. Ce que la recherche contemporaine y a trouvé tient en deux familles de molécules.

Érinacines et héricénones : ce qui intrigue les chercheurs

Les héricénones, présentes dans le chapeau, et les érinacines, concentrées dans le mycélium, ont été isolées par des équipes japonaises dans les années 1990. In vitro, elles stimulent la production du NGF, le facteur de croissance nerveuse, une protéine impliquée dans la survie et le développement des neurones. Chez le rongeur, les érinacines franchissent la barrière hémato-encéphalique et favorisent la croissance des prolongements neuronaux. Ce sont ces observations qui ont motivé les premiers essais chez l’humain.

Ce que les études cliniques ont observé

L’essai le plus cité reste celui de Mori et ses collègues, publié en 2009 dans Phytotherapy Research. Trente adultes japonais de 50 à 80 ans présentant un léger déclin cognitif ont reçu pendant seize semaines trois grammes quotidiens de poudre de champignon ou un placebo, en double aveugle. Les scores cognitifs du groupe supplémenté ont progressé de façon significative par rapport au placebo, puis sont redescendus dans les quatre semaines suivant l’arrêt, ce qui plaide pour un effet lié à la prise continue.

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En 2019, Saitsu et son équipe ont observé chez 31 adultes en bonne santé de plus de 50 ans une amélioration des scores au test MMSE après douze semaines à 3,2 grammes par jour, toujours contre placebo. Sur un autre terrain, Nagano avait rapporté en 2010, chez trente femmes ménopausées, une diminution des scores d’anxiété et d’humeur dépressive après quatre semaines de consommation. Plus récemment, Vigna et ses collègues ont suivi 77 volontaires en surpoids pendant huit semaines : les questionnaires d’humeur, d’anxiété et de qualité du sommeil se sont améliorés, avec une hausse du pro-BDNF circulant, un précurseur d’un autre facteur de croissance neuronal.

En 2023, une étude britannique menée sur 41 adultes jeunes et en bonne santé a mesuré, une heure après une prise unique de 1,8 gramme, une accélération des performances à une tâche d’attention, et une baisse du stress ressenti après 28 jours. Les effectifs restent petits et les durées courtes : ces travaux dessinent une direction plus qu’ils ne ferment le débat, et les auteurs eux-mêmes appellent à des essais plus larges.

Comment choisir un extrait

Tous les produits estampillés lion’s mane ne contiennent pas la même chose. Le premier critère est la partie du champignon utilisée : le chapeau apporte les héricénones, le mycélium les érinacines, et les études les plus solides portent sur des préparations qui documentent leur teneur. Le second est la standardisation : une poudre brute et un extrait concentré n’ont rien de comparable, et seul un titrage indiqué sur l’étiquette permet de savoir ce que l’on prend. C’est l’option retenue pour l’extrait de lion’s mane Nutrition•pro, formulé pour sa concentration en érinacines. Viennent ensuite la méthode d’extraction, idéalement double, à l’eau et à l’alcool, pour récupérer à la fois les polysaccharides et les composés terpéniques, et la présence d’analyses de lot sur les métaux lourds, les champignons étant de grands accumulateurs.

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Mode de prise et précautions

Dans les essais cliniques, les doses vont de 1,8 à 3,2 grammes de poudre par jour, sur huit à seize semaines, les extraits concentrés s’utilisant à des quantités inférieures. La régularité compte davantage que le moment de la prise, l’étude de Mori ayant montré que l’effet s’estompe à l’arrêt. Le champignon est globalement bien toléré, avec de rares troubles digestifs légers. Quelques cas d’allergie ont été rapportés, ce qui impose la prudence aux personnes sensibles aux champignons, et l’absence de données suffisantes conduit à le déconseiller pendant la grossesse et l’allaitement. Un effet sur l’agrégation plaquettaire ayant été observé in vitro, un avis médical est recommandé en cas de traitement anticoagulant.

Le lion’s mane n’est ni le remède miracle que promettent certaines vidéos, ni une simple mode sans fondement. C’est un champignon comestible dont deux familles de molécules ont conduit à une douzaine d’essais cliniques aux résultats convergents, et dont la qualité, comme pour tout extrait végétal, se lit sur l’étiquette avant de se ressentir.

Écrit par

Julien

Je suis Julien, passionné de nutrition et d’équilibre de vie. Avec Clara, adepte de bien-être et de développement personnel, nous avons créé Nglr.fr pour transmettre nos conseils et inspirer chacun vers un mode de vie plus sain. Entre recettes équilibrées, sport, relaxation et astuces pratiques, nous croyons en une approche conviviale, simple et durable pour prendre soin de soi au quotidien.

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