Que ne doit pas faire une AESH : liste claire et interdits

Santé

Une AESH (Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap) ne peut en aucun cas remplacer un enseignant, administrer des médicaments sans autorisation, surveiller seule la cantine ou effectuer des tâches administratives. Ces interdits sont définis par la circulaire 2017-084 qui encadre strictement vos missions pour protéger à la fois l’élève et vous-même.

Nous allons détailler dans cet article :

  • Les limites légales de votre fonction et pourquoi elles existent
  • Les tâches formellement interdites dans chaque domaine (pédagogie, surveillance, santé, administration)
  • Les zones grises où la prudence s’impose
  • Les stratégies pour refuser une demande illégitime avec diplomatie
  • Vos droits concrets selon les situations du quotidien

Pourquoi est-il important de connaître les limites du métier d’AESH ?

Nous constatons que beaucoup d’AESH se retrouvent à effectuer des tâches qui dépassent leur périmètre d’intervention. Cette confusion provient souvent d’un manque de formation ou de directives claires au sein des établissements. Pourtant, connaître vos limites vous protège juridiquement en cas d’incident.

Si vous effectuez une mission pour laquelle vous n’êtes pas formé ni habilité, votre responsabilité personnelle peut être engagée. Par exemple, administrer un traitement médical sans PAI (Projet d’Accueil Individualisé) peut avoir des conséquences graves en cas de réaction allergique. De même, remplacer un enseignant vous expose à des poursuites pour exercice illégal de la profession.

Votre rôle consiste à favoriser l’autonomie de l’élève accompagné, pas à vous substituer aux autres professionnels. Cette distinction garantit la qualité de l’accompagnement et respecte les compétences de chacun.

Ce qu’une AESH ne doit jamais faire selon la loi

La circulaire 2017-084 du 3 mai 2017 définit avec précision le cadre de votre intervention. Ce texte officiel constitue votre référence légale et vous pouvez vous y appuyer pour refuser toute demande hors mission. Nous vous recommandons d’en garder un extrait avec vous.

Vos missions s’articulent autour de trois axes : les actes de la vie quotidienne, l’accès aux activités d’apprentissage et les activités de la vie sociale et relationnelle. Tout ce qui sort de ce cadre n’entre pas dans vos attributions, même si la demande vous est formulée poliment ou en situation d’urgence.

Le non-respect de ce cadre vous expose à des sanctions disciplinaires, voire à un licenciement pour faute. Plus grave encore, votre responsabilité civile ou pénale peut être mise en cause si un élève se blesse pendant que vous exercez une mission pour laquelle vous n’étiez pas mandaté.

Tâches pédagogiques interdites à une AESH

Vous n’avez pas le droit de concevoir, dispenser ou évaluer des contenus d’enseignement. Remplacer un enseignant absent, même pendant cinq minutes, constitue une infraction. Préparer une séquence pédagogique, animer seul un atelier ou corriger des copies dépasse votre champ de compétences.

Nous observons fréquemment des situations où l’on demande aux AESH de « réexpliquer une notion » à l’élève. La nuance est subtile mais capitale : vous pouvez reformuler une consigne avec des mots plus simples, relire un texte à haute voix ou guider l’élève dans la compréhension d’un exercice. Vous ne pouvez pas refaire le cours de mathématiques ou enseigner une règle de grammaire.

Votre intervention se situe au niveau de l’accompagnement méthodologique, pas de la transmission de savoirs. Vous aidez l’élève à accéder aux apprentissages en levant les obstacles liés à son handicap, mais c’est l’enseignant qui reste seul responsable de la pédagogie.

Surveillance et discipline : les rôles à ne pas assumer

La surveillance collective ne fait pas partie de vos missions. Vous ne pouvez pas surveiller seul la cour de récréation, un couloir, la cantine ou un groupe d’élèves non ciblés par votre contrat. Votre présence concerne exclusivement l’élève ou les élèves mentionnés dans votre notification d’affectation.

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Concernant la discipline, vous n’avez aucune autorité pour sanctionner. Vous ne pouvez ni donner de punition, ni priver un élève de récréation, ni l’envoyer seul chez le CPE. Votre rôle se limite à appliquer les stratégies prévues dans le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) pour apaiser ou recentrer l’élève.

Si un comportement pose problème, vous devez immédiatement en référer à l’enseignant présent. C’est lui qui décide de la réponse éducative appropriée. Vous pouvez utiliser les techniques de régulation émotionnelle définies avec l’équipe éducative, mais jamais prendre une décision disciplinaire de votre propre initiative.

Les soins médicaux que l’AESH ne peut pas réaliser

Vous n’êtes pas personnel soignant et ne pouvez administrer aucun traitement médical, même à la demande des parents. Donner un médicament sans PAI validé et sans formation spécifique constitue un acte illégal qui engage votre responsabilité pénale.

Nous insistons sur ce point : même un geste qui vous semble anodin comme désinfecter une plaie, poser un pansement ou appliquer une pommade dépasse vos attributions. Seul le personnel infirmier ou un enseignant formé dans le cadre d’un PAI peut effectuer ces soins.

Votre mission consiste à rassurer l’élève et à l’accompagner jusqu’à l’infirmerie ou auprès d’un adulte habilité. Si le PAI prévoit des gestes techniques spécifiques (comme l’utilisation d’un stylo d’adrénaline en cas de choc allergique) et que vous avez reçu la formation adéquate, ces actes deviennent alors possibles, mais uniquement dans ce cadre strict.

Tâches administratives et d’entretien hors mission

Votre contrat ne comprend aucune tâche de secrétariat. Photocopier des documents, classer des papiers, saisir des notes dans un logiciel ou répondre au téléphone du secrétariat ne relève pas de vos fonctions. Ces demandes, bien que fréquentes dans les établissements en sous-effectif, représentent un détournement de vos missions.

L’entretien des locaux et du matériel incombe aux agents territoriaux. Vous n’avez pas à nettoyer les tables, ranger une salle de classe, laver du matériel ou entretenir les espaces communs. Même si cette demande vous est formulée aimablement, elle reste hors de votre champ d’intervention.

Nous comprenons que refuser puisse sembler difficile, surtout quand l’équipe manque de moyens. Mais accepter ces tâches vous empêche d’accomplir votre mission principale et crée un précédent qui normalisera ces pratiques illégales.

Les risques juridiques en cas de débordement de fonction

Exercer une mission pour laquelle vous n’êtes ni formé ni habilité vous expose à des conséquences juridiques sérieuses. En cas d’accident survenant pendant que vous effectuez une tâche hors mission, votre responsabilité civile peut être engagée. L’administration peut se retourner contre vous et votre assurance personnelle risque de ne pas vous couvrir.

Sur le plan pénal, certains actes constituent des infractions : exercice illégal de la médecine, exercice illégal de la profession d’enseignant, mise en danger d’autrui. Les sanctions vont de l’amende à la peine de prison selon la gravité des faits.

Sur le plan professionnel, vous risquez un avertissement, une mise à pied ou un licenciement pour faute. Même sans conséquence immédiate, ces débordements créent une jurisprudence interne qui fragilise votre statut et celui de vos collègues.

Comment réagir face à une demande illégitime ?

Nous vous conseillons d’adopter une approche graduée. Commencez par un dialogue pédagogique en expliquant calmement que vos missions sont encadrées par la circulaire 2017-084. Montrez-vous ouvert à la discussion sans vous justifier excessivement.

Si la demande persiste, appuyez-vous sur un document officiel. Ayez toujours avec vous un extrait de la circulaire ou une fiche récapitulative de vos missions. Proposez d’en discuter avec le coordonnateur PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) ou le directeur de l’établissement pour clarifier la situation.

Lorsque le dialogue ne suffit pas, sollicitez un arbitrage officiel. Contactez votre supérieur hiérarchique direct ou votre référent AESH. Vous pouvez également vous rapprocher des représentants syndicaux qui connaissent vos droits.

En dernier recours, formalisez votre refus par écrit. Envoyez un courriel ou un courrier à votre employeur en exposant factuellement la situation et en citant les textes réglementaires. Conservez une copie de tous vos échanges : ces traces écrites constituent des preuves en cas de litige.

Les bonnes pratiques pour poser ses limites avec tact

Nous savons que dire non peut générer des tensions, surtout dans un contexte de manque de personnel. Privilégiez une communication assertive : exprimez votre position fermement mais sans agressivité. Utilisez le « je » ou le « nous » plutôt que des formulations accusatrices.

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Par exemple, dites : « Nous comprenons la difficulté, mais notre contrat ne nous permet pas d’assurer cette surveillance. Nous préférons nous concentrer sur l’accompagnement de l’élève pour lequel nous sommes missionnés. » Cette approche montre que vous êtes conscient du problème sans pour autant accepter une solution illégale.

Proposez des alternatives constructives. Si l’on vous demande de surveiller la cantine, suggérez que la question soit soulevée en conseil d’école pour trouver une solution pérenne. Votre rôle n’est pas de résoudre les problèmes d’organisation, mais vous pouvez aider à les identifier.

Renforcez vos connaissances en participant aux formations proposées et en échangeant avec vos collègues. Plus vous maîtrisez le cadre réglementaire, plus vous serez à l’aise pour expliquer vos limites.

Cas pratiques : que faire dans les situations ambiguës ?

Situation 1 : L’enseignant sort de la classe pour gérer un incident et vous demande de « surveiller » les élèves pendant deux minutes. Votre élève est présent dans ce groupe. Vous pouvez rester dans la classe pour continuer votre accompagnement individuel, mais vous ne prenez pas la responsabilité de la surveillance collective. Si un problème survient, vous allez chercher un adulte responsable.

Situation 2 : Votre élève a mal à la tête et sa mère vous a confié du paracétamol « au cas où ». Refusez catégoriquement. Accompagnez l’élève à l’infirmerie. Si aucun personnel soignant n’est disponible, contactez les parents et attendez leurs instructions en présence d’un membre de la direction.

Situation 3 : On vous demande de « juste revoir les tables de multiplication » avec votre élève pendant que le groupe fait une autre activité. Acceptez uniquement si vous vous limitez à relire, réciter ensemble ou utiliser des supports déjà préparés par l’enseignant. Refusez si l’on vous demande d’expliquer une méthode ou de créer des exercices.

Situation 4 : L’enseignant vous demande de distribuer les cahiers, ranger le matériel après l’atelier peinture ou effacer le tableau. Ces tâches relèvent de la gestion de classe et ne font pas partie de vos missions. Vous pouvez aider votre élève à ranger ses propres affaires dans le cadre de l’apprentissage de l’autonomie, mais pas assumer le rangement collectif.

Vos droits si l’élève est absent ou en sortie scolaire

Lorsque l’élève que vous accompagnez est absent, vous n’êtes pas tenu d’accompagner un autre élève, sauf si votre contrat précise explicitement que vous êtes AESH mutualisé. Dans ce cas, vos autres élèves sont nommément désignés dans votre notification.

Vous pouvez utiliser ce temps pour des tâches liées à votre mission : préparer du matériel adapté, échanger avec les enseignants sur les besoins de l’élève, participer à une réunion de suivi ou vous former. Vous n’avez pas à « compenser » cette absence par d’autres missions.

Concernant les sorties scolaires avec nuitée, votre participation relève du volontariat. Vous ne pouvez pas être contraint d’accompagner l’élève en classe verte ou en voyage scolaire. Si vous acceptez, cela nécessite un avenant à votre contrat précisant les modalités (durée, rémunération, hébergement).

Pour les sorties à la journée, votre présence peut être requise si elle est indispensable à la participation de l’élève et si cela figure dans le PPS. Mais là encore, les conditions doivent être clarifiées au préalable avec votre hiérarchie.

Ce que dit la circulaire 2017-084 sur le rôle d’une AESH

Ce texte fondateur structure votre métier autour de l’aide humaine individualisée. Il précise que vous intervenez pour favoriser l’autonomie de l’élève dans les gestes de la vie quotidienne, faciliter sa participation aux activités d’apprentissage et soutenir sa vie sociale et relationnelle.

La circulaire insiste sur le fait que vous travaillez sous la responsabilité pédagogique des enseignants. Vous ne vous substituez jamais à eux. Votre action se coordonne avec celle de toute l’équipe éducative, en vous appuyant sur les préconisations de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).

Le document précise également que votre temps de travail s’organise en fonction des besoins de l’élève, pas en fonction des besoins de fonctionnement de l’établissement. Cette distinction est capitale pour refuser les demandes qui relèvent de la gestion générale de l’école.

Nous vous encourageons vivement à lire cette circulaire dans son intégralité. Elle constitue votre meilleure protection et votre principal argument face aux demandes inappropriées. Gardez-en une copie accessible et n’hésitez pas à la citer explicitement lorsque vous posez vos limites.

Votre rôle d’AESH est essentiel pour l’inclusion scolaire. En connaissant précisément vos missions et vos interdits, vous protégez à la fois l’élève accompagné, l’institution et vous-même. Nous espérons que cet article vous aidera à exercer sereinement votre métier dans le respect du cadre légal.

Écrit par

Julien

Je suis Julien, passionné de nutrition et d’équilibre de vie. Avec Clara, adepte de bien-être et de développement personnel, nous avons créé Nglr.fr pour transmettre nos conseils et inspirer chacun vers un mode de vie plus sain. Entre recettes équilibrées, sport, relaxation et astuces pratiques, nous croyons en une approche conviviale, simple et durable pour prendre soin de soi au quotidien.

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